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Facture de gaz en hausse en France : le prix fixe, vrai test

Trois hausses mensuelles de suite et un pic attendu en janvier font de l'exposition au gaz un risque budgétaire à anticiper. Les petites lignes des contrats méritent un examen dès maintenant.

Publié
23 octobre 2026
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Votre contrat de gaz est-il un plan ou un pari que vous ne saviez pas avoir fait ? Pour environ 60 % des clients résidentiels français du gaz, c'est la seconde option, et le pari tourne mal depuis septembre.

Le 12 octobre, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a publié son prix repère de novembre. Selon Service-Public, il augmente de 6,6 % pour atteindre 194,90 € le MWh toutes taxes comprises, contre 182,88 € en octobre. Cela fait suite à des hausses de 5,6 % en septembre et de 6,3 % en octobre. La CRE chiffre le surcoût moyen à 12 € sur les factures de novembre des ménages indexés sur le prix repère. Les clients à prix fixe, environ 40 % des utilisateurs résidentiels fin 2025, sont épargnés.

Voilà pour l'actualité. L'enjeu, c'est ce que cela révèle de la façon dont la plupart des ménages gèrent leur gaz.

Le « seulement 12 € » masque la vraie tendance

Douze euros, cela ressemble à une erreur d'arrondi. Ce n'est pourtant pas le bon chiffre à regarder. D'après le calcul de Hello Watt, le prix du kWh pour le chauffage est passé de 0,1019 € en janvier à 0,1576 €, soit une hausse de 54,7 %. Pour un foyer chauffé au gaz consommant 13 000 kWh par an, la facture annuelle passe ainsi de 1 670 € à 2 410 €, soit 740 € de plus. La projection de la CRE elle-même est plus clémente: elle prévoit que 2026 coûtera environ 11 % (soit quelque 135 €) de plus que 2025. Mais elle suppose des marchés stables et rappelle que les prix du début 2026 étaient relativement bas.

À notre avis, la leçon est que l'indexation mensuelle transforme votre facture de chauffage en escalier. Chaque marche paraît petite, la montée, elle, ne l'est pas. Elle survient en outre au début de la saison de chauffe, un mauvais moment pour qu'un prix variable continue de grimper.

N'attendez pas de véritable répit avant 2028

Simple accident de parcours ? Le marché à terme suggère que non. Fournisseurs-electricite.com cite les cotations EEX au 22 octobre: 73,00 € le MWh pour 2027, 46,39 € pour 2028 et 87,71 € pour le premier trimestre 2027. Les estimations de Selectra, que cette page présente comme des projections et non des tarifs officiels, situent le prix repère environ 16,5 % au-dessus du niveau d'octobre en janvier 2027. Une vraie détente est anticipée pour 2028, pas pour cet hiver. La cotation plus basse du deuxième trimestre 2027 relève surtout du creux saisonnier habituel, pas d'un changement de tendance. Les prix à terme sont des attentes, pas des garanties, et ils peuvent évoluer avec les niveaux de stockage européens ou la géopolitique.

Ajoutez le décalage inhérent au prix repère. Il suit les prix de gros avec retard: ce que vous payez en novembre reflète septembre. Primeo Énergie le compare à un rétroviseur; même si les marchés se calment, votre facture mettra probablement du temps à s'en apercevoir.

Un prix fixe est une assurance, et il faut lire la prime

Le réflexe, c'est « bloquer un prix fixe ». Nous pensons que c'est à moitié juste. Un prix fixe ne protège que la part fourniture, soit environ 47 % de la facture d'un foyer chauffé au gaz selon la décomposition de Selectra. L'acheminement (24,6 %) et les taxes (28,5 %) continuent d'évoluer, quel que soit le contrat. L'abonnement pour le chauffage est passé de 330,79 € à 360,79 € par an; il finance le réseau de distribution, et aucun engagement de prix d'un fournisseur ne le fige.

Le piège principal, c'est le prix de départ. Deux offres fixes peuvent garantir la même durée à des niveaux très différents. Un prix bloqué bien au-dessus des prix actuels du marché n'est pas une protection, seulement une manière coûteuse de se sentir en sécurité. Comparez le prix du kWh et l'abonnement sur une même consommation, comme le permet le comparateur indépendant du médiateur national de l'énergie.

L'indexation mérite aussi une lecture attentive. Le médiateur, relayé par Primeo Énergie, indique que les offres indexées sur le prix repère sont moins risquées que les formules qui suivent directement les prix de marché. Vérifiez les conditions particulières de votre contrat pour savoir laquelle vous avez.

Ce que nous ferions avant décembre

Nous ne pouvons pas donner de conseil personnalisé, et un prix fixe est un arbitrage, pas une solution miracle. Mais la logique est simple. Si 740 € de plus sur un an, l'écart de l'exemple de Hello Watt, vous feraient mal, vous êtes sans doute trop exposé et devriez comparer les offres dès maintenant. Changer de fournisseur n'entraîne pas de coupure, et le nouveau fournisseur s'occupe de la résiliation. Ne résiliez pas d'abord vous-même votre ancien contrat: cela peut interrompre la fourniture et entraîner des frais de remise en service.

Si votre budget peut absorber les fluctuations, rester indexé en misant sur une baisse en 2028 est un choix défendable. Faites-le simplement en connaissance de cause. L'isolation, l'entretien de la chaudière et le réglage du thermostat réduisent la consommation, quel que soit le prix.

Notre verdict: le scandale n'est pas que les prix aient augmenté, mais que tant de ménages découvrent ce que dit leur contrat seulement à la réception de la facture. Lisez-le cette semaine.

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