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La BCE sur la corde raide : une pause du resserrement quantitatif face à la flambée des rendements ?

Selon les prévisions audacieuses de Morgan Stanley, la hausse des rendements obligataires de la zone euro pourrait contraindre la BCE à suspendre son resserrement quantitatif, soulevant des questions cruciales sur l'équilibre entre contrôle de l'inflation et stabilité économique.

Publié
12 octobre 2026
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2 min
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Photo : Maslmaslmasl / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

La Banque centrale européenne se trouve à un carrefour crucial, aux prises avec un paysage économique complexe où chacun de ses mouvements est scruté pour son impact sur l'inflation et la croissance. Une récente suggestion de Morgan Stanley, selon laquelle la hausse des rendements obligataires de la zone euro pourrait contraindre la BCE à suspendre son programme de resserrement quantitatif (QT), n'est pas une simple prévision d'analyste; c'est un rappel brutal du délicat numéro d'équilibriste que les banques centrales exécutent en période de turbulences. Ce scénario pose un défi majeur à l'engagement déclaré de la BCE à normaliser son bilan et soulève la question de savoir si sa trajectoire actuelle est tenable sans étouffer involontairement l'économie.

Au cours des derniers mois, les taux d'intérêt à long terme ont fortement augmenté dans les économies avancées, y compris celles d'Europe. Cette hausse a été alimentée par une confluence de facteurs, des attentes d'inflation persistante aux préoccupations concernant la détérioration des finances publiques dans des nations clés comme l'Allemagne et la France, et l'augmentation de la dette privée pour des investissements dans des domaines tels que l'intelligence artificielle. Cette pression s'est traduite par des écarts accrus entre les obligations d'État des pays centraux et périphériques, la France étant notamment traitée par les marchés comme faisant partie de la périphérie. Le mois dernier, le 10 septembre 2026, la BCE a relevé ses taux d'intérêt directeurs de 25 points de base, portant le taux de la facilité de dépôt à 2,50 %, tout en avertissant que les pressions inflationnistes dues au conflit au Moyen-Orient ne devraient pas se résorber de sitôt, projetant une inflation globale de 3,0 % pour 2026.

La vérité qui dérange sur le resserrement

Le resserrement quantitatif, initié par la BCE en mars 2023, vise à réduire le bilan de la banque centrale en ne réinvestissant pas les remboursements du principal des obligations d'État arrivant à échéance. La logique est simple: en réduisant ses avoirs obligataires, la BCE cherche à durcir les conditions financières et à ramener l'inflation à son objectif de 2 %. Cependant, cette politique fait face à un examen de plus en plus minutieux. Un ancien membre du directoire de la BCE, Lorenzo Bini Smaghi, qui préside désormais Société Générale, a fermement plaidé dès le 3 octobre 2026, pour que la BCE suspende son programme de QT. Son raisonnement est convaincant: permettre aux avoirs obligataires de la BCE d'arriver à échéance oblige les investisseurs privés à absorber une plus grande part de la nouvelle offre d'obligations d'État, précisément au moment où les taux d'intérêt à long terme sont déjà sous pression à la hausse. Ce mécanisme, à notre avis, crée un cycle auto-entretenu qui exacerbe le stress du marché et pousse les rendements encore plus haut.

La hausse des rendements n'est pas seulement une mesure financière abstraite; elle a un impact direct sur les finances publiques et l'économie réelle. Des coûts d'emprunt plus élevés pèsent sur les gouvernements et peuvent ralentir les secteurs sensibles aux conditions de financement, comme le marché du logement. Nous observons que la confiance des consommateurs a déjà commencé à chuter en Europe et aux États-Unis, signalant des vents contraires potentiels pour la consommation des ménages. La

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