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Rédaction Invesfera
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La Corée n’est pas de la diversification : c’est le même pari sur l’IA, dans une autre devise

La Bourse sud-coréenne est devenue un substitut quasi à effet de levier aux puces mémoire : l’acheter comme un émergent différent, c’est doubler sa mise sur un seul thème.

Publié
25 octobre 2026
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Diriez-vous d’un portefeuille qu’il est diversifié si la moitié bouge sur la même conférence téléphonique de résultats ? C’est à peu près ce que reçoit l’investisseur qui achète la Corée du Sud pour « répartir » le risque des marchés émergents. Le pays n’est plus une économie large à laquelle serait rattachée une Bourse. C’est, à notre avis, un pari coté sur les puces mémoire.

Les chiffres le montrent: l’indice, ce sont deux entreprises

L’histoire récente en est une étude de cas. Début juin, TradingKey rapportait que Samsung Electronics et SK Hynix représentent à elles deux plus de 50 % du poids du Kospi, et que près des trois quarts des gains de l’indice cette année-là venaient de ces deux valeurs. Ce jour-là, le Kospi a chuté de 5,54 % après des perspectives décevantes de Broadcom, une société américaine, dans l’IA. Rien ne s’était passé en Corée, et pourtant la Corée a encaissé le choc.

Le schéma s’est répété. Le 16 juillet, SK Hynix a perdu 11,53 % et le Kospi 6,37 %. Selon le récit de MLQ sur cette séance, les deux fabricants de puces et 16 ETF à effet de levier et inverses sur action unique ont représenté 96,3 % du volume total échangé sur le Kospi. Le Kospi avait déclenché sa suspension « sidecar » à la vente 37 fois en 2026, contre seulement six de 2000 à 2025. Puis, à la mi-octobre, le titre de Bloomberg évoquait une chute de 8 % des actions coréennes, le Kospi se situant environ 21 % sous son plus haut de septembre.

Ce n’est pas le profil d’un diversifiant. Un diversifiant devrait monter quand vos valeurs technologiques américaines baissent. La Corée a baissé avec elles, en plus fort.

La foule amplifie le thème

La concentration est un problème; qui la détient en est un autre. CNBC rapportait en mai que les investisseurs étrangers s’étaient défaits de 13,2 milliards de dollars d’actions coréennes en une seule semaine, tandis que les particuliers s’y engouffraient, souvent via l’achat sur marge et des ETF à effet de levier. Citi a mis en garde contre l’« exubérance » et pris ses bénéfices sur la moitié de sa position en Corée.

C’est selon nous le détail sous-estimé. Lorsque l’effet de levier des particuliers repose sur deux valeurs, les mouvements de prix deviennent mécaniques. Un analyste de Kiwoom Securities, Han Ji-young, le disait à propos de juillet, attribuant la baisse à la forte concentration et à la volatilité des flux de fonds plutôt qu’à des signaux de demande plus faibles. Les ventes mécaniques peuvent se retourner vite, comme l’a montré le rebond vers un marché haussier technique en août. Mais cela signifie aussi que les mouvements sont violents dans les deux sens, et bien les anticiper n’est pas le fort de l’épargnant moyen.

Ce que devrait faire un lecteur avisé

Rien de tout cela ne signifie que la Corée soit un mauvais marché ou que le cycle de la mémoire pour l’IA soit terminé. Les analystes cités dans la couverture de juillet ont qualifié ce décrochage de correction cyclique, et Lorraine Tan, de Morningstar, a affirmé que la phase haussière restait intacte alors que les valorisations avaient devancé les fondamentaux. Ce sont des prévisions, pas des faits, et elles peuvent se tromper dans un sens comme dans l’autre.

La question est celle de l’étiquette. Si vous achetez un ETF Corée, appelez-le par son nom: une position thématique sur les puces mémoire, dimensionnée comme telle. Vérifiez la part d’IA que vous détenez déjà via les fonds indiciels américains, où les semi-conducteurs pèsent environ 20 % du S&P 500, selon un stratège cité par MLQ. Demandez-vous ensuite si une troisième portion est bien ce que vous voulez.

Notre verdict: la Corée est le pari le plus pur sur l’IA du marché, et c’est précisément pourquoi elle échoue comme outil de diversification. Les investisseurs qui la veulent délibérément, avec une petite position et le cœur bien accroché face à des baisses quotidiennes de 6 %, peuvent défendre ce choix. Ceux qui l’ont achetée pour l’équilibre devraient y regarder à deux fois. Ceci est une analyse, pas un conseil personnalisé, et vos propres objectifs et votre situation fiscale comptent plus que n’importe quel symbole boursier.

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