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Rédaction Invesfera
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Test du CAC 40 : pourquoi 10 000 € placés en France ont perdu face à Francfort et New York

10 000 € investis dans le CAC 40 en janvier valent aujourd'hui moins qu'au départ, alors que le DAX et le S&P 500 ont fait mieux. La leçon : diversifier, pas courir après les gagnants.

Publié
25 octobre 2026
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3 min
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Et si l'investissement le plus rassurant était simplement celui que l'on connaît le mieux ? Pour beaucoup d'épargnants français, c'est le CAC 40: des noms familiers, une monnaie familière, une séquence bourse familière au journal du soir. Cette année, ce confort a coûté cher.

Selon une comparaison de Selectra, 10 000 € placés en janvier valaient 9 666 € au 21 octobre dans le CAC 40. La même somme aurait atteint 10 182 € dans le DAX et 11 801 € dans le S&P 500. Nous n'avons pas plus de détails sur la méthode: ces chiffres sont donc une illustration, pas un audit précis.

Une seule mauvaise année ne prouve pas grand-chose, mais elle révèle une habitude

Soyons prudents. Une année, ce n'est que du bruit. Les comparaisons sur longue période sont plus instructives, et la documentation dont nous disposons est lacunaire et non datée; nous ne prétendrons donc pas trancher sur plusieurs décennies. Ce que ce test montre, en revanche, c'est à quel point les résultats peuvent différer quand on ne détient que des actions d'un seul pays. L'écart entre 9 666 € et 11 801 € dépasse deux mille euros sur une somme modeste. Ce n'est pas un arrondi. C'est le prix d'un pari que la plupart des gens ne savent pas avoir fait.

C'est le cœur du biais domestique: investir surtout dans ce qui est proche, parce que cela paraît plus sûr. La familiarité réduit l'anxiété, pas le risque. Un portefeuille concentré sur un seul marché hérite de sa politique, de sa composition sectorielle et de sa monnaie. Si l'indice est très exposé à quelques secteurs qui trébuchent, tout votre capital trébuche avec eux.

Diversifier par région est essentiel, mais il faut aussi regarder ce qu'il y a dedans

La lecture tentante de cette histoire est: « il suffit d'acheter le S&P 500 ». Nous pensons que c'est la mauvaise leçon. L'indice est en hausse cette année; cela nous dit ce qui s'est déjà passé, pas ce qui vient. Acheter le gagnant de l'an dernier après coup, c'est la même erreur que le biais domestique, sous un autre drapeau.

La question plus utile est: que possédez-vous réellement ? Suivre un indice via un ETF peut coûter peu: Signal Alpha évalue le coût à environ 0,2 % par an. Mais une réserve: un indice très américain apporte sa propre concentration, et un marché en vogue affiche souvent des valorisations plus élevées. Un épargnant français qui troque 100 % de CAC 40 contre 100 % de S&P 500 a déplacé la concentration, pas supprimé.

Il existe aussi un contrepoint à prendre au sérieux. Un article de septembre du Revenu soutenait que l'Europe offre actuellement le meilleur compromis entre valorisation, rendement et potentiel. Nous ne pouvons pas vérifier cette affirmation ici, et il s'agit du point de vue d'une seule publication, mais elle rappelle qu'un marché à la traîne n'est pas forcément mauvais. Ce qui est bon marché peut le rester; ce peut aussi être le point de départ du prochain rebond. Personne ne sait lequel.

Ce que fait un épargnant avisé

Premièrement, vérifiez votre exposition réelle. Additionnez vos fonds, les actions de votre employeur et vos plans d'épargne. Beaucoup de gens découvrent qu'ils sont bien plus français qu'ils ne le pensaient.

Deuxièmement, définissez une allocation par région et par secteur que vous pourriez conserver pendant une mauvaise année, puis rééquilibrez de temps en temps plutôt que de réagir aux gros titres. C'est une méthode, pas une prévision.

Troisièmement, gardez des frais faibles et des attentes modestes. Rien de tout cela ne constitue un conseil personnalisé, et les règles et la fiscalité des enveloppes d'investissement varient selon les pays; vérifiez donc ce qui s'applique à vous en France avant de déplacer de l'argent.

Notre verdict: les 9 666 € ne sont pas une raison de fuir le CAC 40, et les 11 801 € ne sont pas une raison de courir à New York. C'est un rappel: tout miser sur son propre jardin est un choix, et un choix coûteux quand le jardin traverse une mauvaise année. Diversifiez parce que vous ne pouvez pas connaître le gagnant, et non parce que vous croyez connaître celui de cette année.

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