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Rédaction Invesfera
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Le fonds norvégien a perdu sur les obligations : « sûr » ne signifiait pas « stable »

Le plus grand fonds souverain du monde a enregistré une perte trimestrielle de 29,7 milliards de dollars avec la chute des obligations. La leçon pour l'épargnant : à quoi servent-elles vraiment.

Publié
24 octobre 2026
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Si le plus grand investisseur du monde, avec des participations dans quelque 7 100 entreprises et des obligations dans 51 pays, ne parvient pas à garder son portefeuille obligataire dans le vert, pourquoi votre fonds obligataire « sûr » y parviendrait-il ? C'est la question dérangeante que posent les derniers résultats de la Norvège.

Un fonds stable, mais un compartiment obligataire douloureux

Norges Bank Investment Management (NBIM) a indiqué que le fonds avait perdu 278 milliards de couronnes, soit 29,7 milliards de dollars, au troisième trimestre, selon CNBC. Ses investissements à revenu fixe ont affiché un rendement de -3,5 % alors que les rendements des obligations d'État s'envolaient, tandis que la Réserve fédérale et d'autres grandes banques centrales commençaient à relever leurs taux. Les actions, 72 % du portefeuille, ont dégagé 0,5 %.

Comme le souligne Handelsblatt, c'est la deuxième perte trimestrielle du fonds cette année. Le rendement global a été de -0,5 %, ce que le directeur général adjoint, Trond Grande, a décrit comme proche de l'équilibre. En pourcentage, c'est une égratignure. En dollars, c'est un gros titre.

La leçon n'est pas que les obligations sont mauvaises, mais qu'elles ne sont pas du cash

Le prix des obligations baisse quand les rendements montent. C'est de l'arithmétique, pas une défaillance du marché. Un fonds qui détient environ 70 % de son portefeuille à revenu fixe en dette publique, comme NBIM, ressent un choc de taux. Selon Handelsblatt, les rendements des bons du Trésor américain à dix ans ont connu au cours du trimestre leur plus forte hausse depuis une trentaine d'années.

Notre avis: l'erreur n'est pas de détenir des obligations en 2026. L'erreur est de croire que l'étiquette « sûr » décrit la trajectoire du prix. Les obligations d'État sont sûres en ce sens que l'émetteur vous remboursera très probablement à l'échéance. Elles ne le sont pas en ce sens que votre relevé n'affichera jamais de baisse. Beaucoup d'épargnants confondent les deux idées, et des trimestres comme celui-ci les séparent.

La question n'est pas « les obligations sont-elles un mauvais investissement ? », mais « dans combien de temps ai-je besoin de cet argent ? ». Un fonds obligataire à longue duration, c'est-à-dire très sensible aux taux, peut se comporter comme un actif risqué sur quelques mois. Une détention à court terme, c'est autre chose.

La diversification a fonctionné, mais pas sans douleur

Voici le contrepoint, et il compte. Le fonds a terminé presque à l'équilibre parce que les actions, l'immobilier (0,4 %) et les infrastructures d'énergie renouvelable (7,5 %) ont affiché des rendements faibles ou positifs qui ont amorti le choc obligataire. Les valeurs de l'énergie ont progressé tandis que les secteurs sensibles aux taux, comme les services aux collectivités et l'immobilier, ont reculé, selon Trond Grande. La diversification a joué son rôle: un -3,5 % sur le compartiment obligataire est devenu un -0,5 % pour l'ensemble.

Mais il faut noter les limites. Cela fait suite à un premier semestre avec un bénéfice record d'environ 185 milliards de dollars, et le directeur général, Nicolai Tangen, avait déjà averti que les investisseurs ne devaient pas s'attendre à des rendements du même ordre à l'avenir. Un fonds dont l'horizon se compte en décennies et qui n'a pas besoin de vendre peut sans doute encaisser un mauvais trimestre. Un ménage qui a besoin d'un apport ou d'un revenu de retraite dans deux ans, non.

Le fonds revoit aussi sa stratégie, et c'est révélateur

En septembre, NBIM a proposé de ramener à 50 % la pondération des obligations d'État dans son indice obligataire, ce qui, selon Reuters, reviendrait à céder près de 80 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Le Wall Street Journal a décrit l'objectif comme l'ajout de dette plus risquée. Nous y voyons le signe que même ce géant ne considère pas les obligations d'État comme un repas gratuit. C'est notre interprétation, pas le raisonnement avancé par NBIM, et cette décision précède la perte de ce trimestre.

Verdict

Ne vous défaites pas de vos obligations parce que la Norvège a connu un mauvais trimestre, mais ne les prenez pas pour un compte d'épargne. Connaissez la duration de ce que vous détenez, adaptez-la au moment où vous aurez besoin de l'argent et gardez de vraies liquidités pour les besoins à court terme. Il ne s'agit pas d'un conseil personnalisé, et les règles et la fiscalité varient selon les pays. Mais le principe tient: l'actif qui paraît le plus sûr peut perdre de l'argent à court terme, et un fonds de 2 300 milliards de dollars vient de le prouver.

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