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Rédaction Invesfera
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La hausse de la BCE en décembre est le scénario central, et les épargnants doivent s'y préparer

Avec une inflation de 4 % dans la zone euro, tirée par l'énergie, les marchés ont raison d'anticiper une hausse en décembre. La vraie question : sera-t-elle la dernière, et quel impact pour votre argent ?

Publié
4 novembre 2026
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Photo : DXR / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Une banque centrale qui vient de laisser ses taux inchangés s'apprête-t-elle vraiment à les relever ? Oui, et la surprise serait qu'elle ne le fasse pas. Une semaine après le statu quo de la Banque centrale européenne, les chiffres donnent à cette pause des allures de report plutôt que de changement d'avis.

L'estimation rapide d'Eurostat établit l'inflation de la zone euro à 4,0 % en octobre, contre 3,8 % en septembre, son plus haut niveau depuis septembre 2023, selon la Tagesschau. L'énergie est en cause: ses prix ont augmenté de 20,8 % sur un an, contre 18,9 % un mois plus tôt. L'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, est restée à 2,5 %. Le taux de dépôt de la BCE s'établit à 2,5 %, après des hausses en juin et en septembre, comme le rappelle WirtschaftsWoche.

Tous les signaux vont dans le même sens, et c'est la banque centrale qui les envoie

Les marchés ne devinent pas. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a déclaré qu'une hausse en décembre est « aus heutiger Sicht sehr wahrscheinlich notwendig » (vue d'aujourd'hui, très probablement nécessaire). Il a aussi indiqué que les perspectives d'inflation se sont dégradées. Les analystes d'ING lisent les données de la même façon, rapporte The Epoch Times. La BCE elle-même a indiqué la semaine dernière que l'ampleur et la durée du choc énergétique devraient faire monter l'inflation et peser sur la croissance.

Selon nous, cela scelle le scénario central. Les banques centrales laissent rarement un membre du conseil s'exprimer aussi explicitement sans que la trajectoire soit largement arrêtée. Le statu quo d'octobre ressemble à de la patience, justifiée par le peu d'indices de pressions salariales, et non à un constat que le travail est terminé.

Le vrai débat porte sur la dernière hausse, pas sur la prochaine

L'objection est légitime: l'inflation sous-jacente est stable. Ulrike Kastens, de DWS, y voit une bonne nouvelle pour la BCE et note qu'un élargissement de la tendance de fond n'est pas encore visible. Si le choc énergétique se dissipe de lui-même, pourquoi durcir la politique monétaire face à une économie qui ralentit ?

Parce que le risque est asymétrique. Kastens elle-même avertit que plus les prix de l'énergie restent élevés, plus le risque d'effets de second tour grandit, c'est-à-dire d'une course entre salaires et prix. Kamil Kovar, de Moody's Analytics, estime que le tableau « n'a plus l'air très bénin » et qualifie le chiffre sous-jacent d'octobre de « nouvelle lecture modérément élevée ». Une hausse de 25 points de base est, à notre avis, une assurance bon marché contre ce scénario. Ne pas relever les taux et se tromper coûterait probablement bien plus cher.

Cela dit, nous éviterions d'extrapoler. Jack Allen-Reynolds, de Capital Economics, s'attend à une hausse en décembre mais soupçonne qu'elle clôturera le cycle de resserrement. Stephanie Schoenwald, de la KfW, ne prévoit pas de détente sensible des pressions sur les prix avant le deuxième trimestre 2027, quand les effets de base de l'énergie joueront. Ce sont des prévisions, et le conflit iranien qui alimente les prix de l'énergie n'est pas résolu: elles pourraient facilement se révéler fausses. Notre lecture: une hausse de plus est probable, une longue campagne ne l'est pas, et quiconque affiche des certitudes sur 2027 cherche à vous vendre quelque chose.

Ce que les épargnants et les emprunteurs doivent en faire

Ceci n'est pas un conseil personnalisé, et les règles et produits diffèrent selon les pays. Mais la logique est simple.

Les emprunteurs à taux variable doivent partir du principe que le coût augmentera en décembre, plutôt que d'attendre une pause. Si une hausse de mensualité d'un quart de point vous ferait mal, mieux vaut étudier dès maintenant un passage à taux fixe ou un remboursement partiel, et non après l'annonce.

Les épargnants doivent éviter deux erreurs. La première est de se réjouir de taux de dépôt plus élevés sans les comparer à l'inflation: avec des prix en hausse de 4 %, un taux directeur de 2,5 % laisse encore les liquidités perdre du pouvoir d'achat en termes réels. La seconde est de tout bloquer sur de longues durées à taux fixe en supposant que les taux continueront de grimper, alors qu'au moins certains prévisionnistes jugent le cycle presque terminé. Échelonner les échéances est une couverture raisonnable contre une erreur dans un sens comme dans l'autre.

Le verdict: la hausse de décembre est le scénario central, et les marchés ont raison de l'anticiper. L'hypothèse paresseuse, selon laquelle une pause annonce un soulagement, est celle qu'il faut abandonner. Préparez-vous à un taux légèrement plus élevé, restez flexible au-delà, et surveillez les données sur les prix de l'énergie et les salaires, car ce sont elles, et non le gros titre, qui décideront de la suite.

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