La hausse attendue de la Banque d'Angleterre est un avertissement : prévoyez des taux plus élevés
Un quart de point semble modeste, mais avec une inflation de 3,5 % tirée par l'énergie, emprunteurs et épargnants britanniques doivent cesser d'attendre un revirement rapide.
Photo : Diliff / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Une hausse de taux d'un quart de point mérite-t-elle vraiment de perdre le sommeil ? En soi, sans doute pas. Mais comme signal, c'est ce que la Banque d'Angleterre pouvait dire de plus utile aux ménages britanniques: l'argent facile que vous attendiez peut-être ne reviendra pas de sitôt.
Les marchés s'attendent largement à ce que la Banque relève ses taux de 3,75 % à 4 % le jeudi 5 novembre, selon AOL. Ce serait la première hausse depuis août 2023. Le déclencheur est l'inflation: l'indice des prix à la consommation a atteint 3,5 % en septembre, bien au-dessus de la cible de 2 %, le conflit au Moyen-Orient faisant grimper les prix de l'essence et du diesel.
La hausse n'a rien de surprenant, et c'est là l'essentiel
En septembre, le Comité de politique monétaire a maintenu le taux à 3,75 % par 6 voix contre 3, comme le montre le résumé de la Banque elle-même, et trois membres souhaitaient déjà un passage à 4 %. À notre avis, le passage d'une minorité à un consensus attendu en dit plus que le quart de point lui-même.
La hausse est le symptôme; l'énergie est la maladie
Les banques centrales ne peuvent produire ni pétrole ni gaz. Elles peuvent en revanche empêcher qu'un choc de prix ne devienne une habitude. C'est la logique décrite par Ellie Henderson, d'Investec: plus les prix de l'énergie restent élevés, plus le risque est grand qu'un choc temporaire devienne permanent, et une hausse de « gestion du risque » pourrait s'en prémunir.
Selon nous, un revirement rapide est donc improbable. Le plafonnement des prix d'Ofgem a augmenté de 3,6 % le 1er octobre et, d'après Kent Online, devrait bondir de 22 % supplémentaires en janvier. Une Banque qui s'apprête à relever ses taux alors que l'économie croît encore (le PIB d'août a augmenté de 0,1 %, de façon inattendue) et que le chômage est tombé à 4,7 % a, selon nous, peu de raisons de revenir vite aux baisses. Suren Thiru, de l'ICAEW, a indiqué que les prévisions actualisées de la Banque laisseraient probablement la porte ouverte à de nouvelles hausses.
Une note de prudence: ce tableau repose beaucoup sur des prévisions. Personne ne sait combien de temps durera le choc énergétique, et les événements pourraient changer la donne. Mais planifier sur le meilleur scénario, ce n'est pas planifier.
Recalculez votre budget dès maintenant plutôt que d'attendre un répit
Pour les détenteurs d'un prêt immobilier, l'explication de la Banque est claire: quand elle relève son taux directeur, les banques font généralement payer plus cher les prêts et rémunèrent mieux l'épargne. Le prix des prêts immobiliers anticipe aussi l'avenir, si bien qu'une bonne part du mouvement figure probablement déjà dans les offres. Certains sites de courtiers citent des taux fixes moyens proches de 6 %, mais ces pages ne sont pas datées et nous prendrions ces chiffres à titre indicatif. Concrètement: si votre taux fixe arrive à échéance dans l'année, testez dès aujourd'hui votre budget avec un taux nettement plus élevé plutôt que d'espérer que la prochaine offre soit plus clémente. Les règles et produits varient; comparez les offres ou consultez un conseiller agréé. Ceci n'est pas un conseil personnalisé.
Pour les épargnants, la situation est meilleure, sans être un cadeau. Un taux directeur plus élevé peut améliorer les intérêts proposés, mais une inflation de 3,5 % les grignote. Un taux qui bat l'inflation vaut la peine d'être recherché; un taux qui ne fait qu'égaler les gros titres, non. Ne bloquez pas votre argent en supposant que les taux baisseront demain, et ne supposez pas non plus que votre banque répercutera chaque quart de point.
Il y a aussi un angle mondial. Une autre source indique que la Bank of Canada a relevé ses taux pour la première fois en plus de trois ans, même si l'extrait ne donne aucun détail. Il ne faut pas surinterpréter un seul titre, mais cela cadre avec l'idée que les banques centrales combattent l'inflation tirée par l'énergie plutôt que de l'ignorer.
Notre verdict: considérez 4 % comme un plancher pour planifier
Les perdants d'un régime de taux élevés plus longtemps sont ceux qui bâtissent leur budget sur l'espoir: emprunteurs comptant sur un soulagement rapide et épargnants plaçant leurs liquidités à des taux inférieurs à l'inflation. Les gagnants sont les ménages qui recalculent tôt, se constituent une marge de sécurité et voient 4 % comme un plancher de planification, non un plafond. Surveillez les prévisions du 5 novembre, pas seulement le chiffre phare. Si la Banque laisse entendre que d'autres hausses suivront, croyez-la sur parole.
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