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Rédaction Invesfera
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« L’histoire dit d’acheter » : un argument fragile après la chute de 5 000 milliards de l’IA

Les schémas saisonniers annoncent que la meilleure période pour les actions commence maintenant. Mais ils ignorent concentration, valorisation et rendements actuels, et investir régulièrement vaut mieux que parier sur le rebond.

Publié
1 novembre 2026
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Photo : Autor desconocido / Wikimedia Commons (Public domain)

Quand un titre associe une perte de 5 000 milliards de dollars à « la période la plus douce commence maintenant », mieux vaut se demander laquelle des deux moitiés fait le travail. La perte est constatée. La douceur est un schéma. Et un schéma n’est pas une promesse.

Le titre en question provient d’un article d’AOL intitulé « AI stocks just lost $5 trillion — but history says the stock market's sweetest stretch starts now » (les valeurs de l’IA viennent de perdre 5 000 milliards de dollars, mais l’histoire dit que la meilleure période de la Bourse commence maintenant). L’argument repose sur la saisonnalité. Avec les élections de mi-mandat le 3 novembre, les commentateurs soulignent qu’octobre et novembre ont historiquement été les mois les plus solides en fin d’année de mi-mandat, et que les actions ont eu tendance à progresser après le scrutin.

Les chiffres sous-jacents sont réels. Emkay Global Financial Services, selon Mint, a relevé des gains moyens du S&P 500 d’environ 6 % sur les 60 séances suivant les élections de mi-mandat, de 12 % sur 120 et de 17 % sur 180. Ce sont toutefois des moyennes, et c’est ce même courtier qui met en garde contre l’idée que le schéma se répétera cette fois.

Un taux de base décrit le passé, pas votre point de départ

Les moyennes fondent des situations de départ très différentes en un seul chiffre rassurant. Les propres réserves d’Emkay l’illustrent mieux que nous. Le S&P 500 se situe déjà environ 12 % au-dessus de son niveau d’il y a six mois, de sorte qu’à notre avis une part du rebond est sans doute déjà acquise. Les rendements des bons du Trésor à deux et dix ans sont supérieurs d’environ 120 et 100 points de base, et le Brent a grimpé d’environ 61 %. Ce n’est pas le contexte habituel d’une mi-mandat.

Emkay évoque aussi 2018: le scrutin avait produit une paralysie politique, mais les actions américaines avaient d’abord reculé avant de se redresser lorsque les rendements du Trésor ont fortement baissé. C’est, selon nous, la leçon essentielle. Ce n’est pas le calendrier qui a sauvé le marché, mais les taux. Si les rendements et le pétrole sont les vrais moteurs cette fois, « novembre est fort » relève de l’anecdote, pas de l’analyse.

Il y a aussi un problème de taille d’échantillon. Les cycles de mi-mandat offrent peu d’observations, et chacune s’est produite dans une économie différente. Les graphiques de saisonnalité sont plaisants à lire, mais en faire un déclencheur revient à acheter une histoire plutôt qu’un actif. Même les chiffres plus modestes montrent les limites: une étude de saisonnalité classe novembre seulement cinquième sur douze mois en moyenne, avec un gain d’environ 1 %.

La question est ce que vous détenez, pas le mois en cours

Une chute de 5 000 milliards de dollars sur les valeurs de l’IA devrait appeler une autre vérification: quelle part de votre portefeuille en dépend réellement ? Qui détient un fonds indiciel large peut être plus exposé à une poignée de géants liés à l’IA qu’il ne le pense. Nous ne pouvons pas vous dire quel est aujourd’hui le degré de concentration de l’indice; regardez donc les principales lignes de votre propre fonds. Ce chiffre compte bien plus que n’importe quel graphique saisonnier.

La deuxième vérification porte sur la valorisation. Une forte baisse ne rend pas un titre bon marché. Elle le rend seulement moins cher qu’avant. Savoir si les valeurs de l’IA offrent désormais un prix raisonnable au regard de leurs bénéfices est une question de profits et d’attentes, et « l’histoire dit d’acheter » n’y répond pas. Nous y verrions un risque à peser, non un détail à balayer.

Des versements réguliers valent mieux qu’un timing astucieux

Rien de tout cela ne signifie que le rebond n’aura pas lieu. Il le peut, et les taux de base lui donnent de bonnes chances. Notre objection porte sur leur usage comme plan. Si vous croyez les six prochains mois assurément doux, vous serez tenté d’investir d’un coup, et vous vous sentirez bête si les rendements ou le pétrole poussent le marché dans l’autre sens, comme en 2018.

Une approche plus ennuyeuse tient dans les deux cas. Continuez de verser le même montant au même rythme. Si le marché monte, vos achats antérieurs en profitent; s’il baisse, vous achetez davantage de titres pour la même somme. Rééquilibrez si l’exposition à l’IA a dépassé ce que vous pouvez supporter, et gardez hors de la Bourse l’argent dont vous aurez bientôt besoin. Il s’agit d’une information générale, non d’un conseil personnalisé, et vos règles fiscales et de retraite dépendent de votre pays.

Notre verdict: l’argument saisonnier n’est pas faux, il est fragile. C’est une bonne raison de rester calme et une mauvaise raison de changer de stratégie. L’investisseur qui vérifie la concentration, examine la valorisation et continue de verser comme prévu n’a pas besoin de savoir si la période douce commence maintenant.

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